FEMMES

Nous sommes bel et bien vivantes, ce spectacle est donc bien un spectacle vivant !

Dans le cadre du Festival International des Clowns d’Arrigorriaga, nous avons inauguré vendredi dernier notre dernier montage de rue intitulé : FEMMES.

À cette occasion, notre volonté a été de nous passer de tout l’appareillage technique et des structures métalliques inhérents à un grand nombre de nos productions. Sans aucun emballage musical ni fond sonore, sans les lourdes structures occupant des heures de montage interminables ni fourgonnette dont la charge aurait été calculée au millimètre cube près, ayant néanmoins bon nombre de fois frôlé le poids autorisé. Voilà seulement quatre personnes, quatre femmes d’un certain âge qui occupent la rue leur tenant lieu de scénographie, de guide pour un jeu qui vise à déclencher des relations avec le public tout en se tenant au plus près de lui, ce qui a toujours été notre point fort, et qui critiquent avec ironie et humour notre environnement, notre société ; rire de nous-mêmes, de la nature de l’être humain, tel est le but de cette représentation.

Nous sommes redescendues dans la rue telle qu’elle est, il s’agit-là d’un retour aux sources à travers une proposition vivante et en mutation permanente, à travers des actions sans cesse revisitées en fonction de ce qui se produit autour de nous et de ce qui nous arrive. Mesdames et Messieurs, ceci est un organisme vivant qui vient de voir le jour et qui a besoin de temps pour grandir, et c’est bien ce à quoi nous nous attachons. Places, villages et villes défileront sous nos yeux, sans doute prendrons-nous des avions vers des destinations où les langues parlées nous serons inconnues et incompréhensibles, nous nous produirons dans des endroits où il y aura des enfants casse-pieds, qui mangeront leur goûter sous notre nez, mais dont le désir sera de se retrouver parmi nous, de regarder et de participer ; et le spectacle sera chaque fois différent, un work in progress, autrement dit une construction en cours à proprement parler.

Nous sommes bel et bien vivantes car la profession, le théâtre de rue se retrouve aujourd’hui noyé parmi les autres arts de rue, les maigres budgets faisant passer sur le devant de la scène des spectacles à bas coût nécessitant peu de montage, peu de main d’œuvre, s’adaptant à tout type de lieu ainsi qu’à tout type de public. Nous sommes bel et bien vivantes et nous souhaitons rire de la vie, de la crise, du monde et de ses scandales financiers, politiques et moraux.

Nous sommes bel et bien vivantes et nous nous mettons à la place de nos mères, de nos grands-mères, de toutes celles qui ont su mener leur vie de front comme elles ont pu, en fonction des circonstances qui leur ont été données de vivre, mais qui ont encore beaucoup à dire, bien qu’elles sentent le souffle du temps se réduire pour elles comme peau de chagrin. Nous sommes bel et bien vivantes et cela ne fait que commencer !

#guerrillafemmes

TRANSMETTANT LE GOÛT POUR LES ARTS DE LA RUE

Hortzmuga Teatroa a eu l’occasion de transmettre une partie de tout ce qu’elle a appris le long de ses 26 ans dans le monde des Arts de la Rue. Pendant tout un quadrimestre nous avons formé des élèves à l’école de théâtre de Barakaldo, la BAI, avec le but non seulement de leur transmettre des connaissances, mais aussi de transmettre le goût pour le Théâtre de la Rue aux jeunes qui commencent à faire les premiers pas dans le monde de l’interprétation.

Cela a été une expérience transformatrice tant pour Hortzmuga comme pour les élèves. Ils ont découvert l’espace urbain, ont fait des recherches sur les possibilités que cet espace peut offrir, et ont été étonnés de la force que peut avoir quelconque expression artistique dans la rue.Ils ont expérimenté avec le public de la rue, ceux qui se baladent dans la rue, ils ont captivé les passants et ont été capables de leur provoquer la curiosité sur ce qui était en train d’arriver.

Mais surtout, et c’est ce qui nous fait le plus de plaisir en tant que transmetteurs de ce métier, c’est que nos élèves ont découvert que l’espace urbain leur appartient ainsi qu’au public, et qu’il y a plein d’histoires à y raconter, bien qu’il y ait de plus en plus de restrictions pour son usage.

Il nous reste en suspens la création d’une pièce pour le festival ACT qui a lieu tous les ans le mois de juin à Bilbao et à Barakaldo. Nous attendons impatients qu’il arrive… Merci à la BAI pour l’occasion qu’elle nous a fourni de transmettre le goût pour les Arts de la Rue.

 

Bizkaiko Antzerki Ikastegia / Centro de formación escénica

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